There are the brightest apples on those trees
but until I, fabulist, have spoken
they do not know their significance
or what other legends are hung like garlands
on their black boughs twisting
like a rumour. The wind's noise is empty.
Nor are the winged insects better off
though they wear my crafty eyes
wherever they alight. Stay here, my love;
you will see how delicately they deposit
me on the leaves of elms
or fold me in the orient dust of summer.
And if in August joiners and bricklayers
are as thick as flies around us
building expensive bungalows for those
who do not need them, unless they release
me roaring from their moth-proofed cupboards
their buyers will have no joy, no ease.
I could extend their rooms for them without cost
and give them crazy sundials
to tell the time with, but I have noticed
how my irregular footprint horrifies them
evenings and Sunday afternoons:
they spray for hours to erase its shadow.
How to dominate reality? Love is one way;
imagination another. Sit here
beside me, sweet; take my hard hand in yours.
We'll mark the butterflies disappearing over the hedge
with tiny wristwatches on their wings:
our fingers touching the earth, like two Buddhas.
Poem printed without permission by Irving Layton (Canadian, b. 1912). This weekend celebrates the 100th anniversary of the poet's birth.
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Tuesday, March 13, 2012
The Fertile Muck
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Monday, March 12, 2012
Chanson des Escargots Qui Vont à l'Enterrement
A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le noir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.
Poem copied without permission from Jacques PRÉVERT, Paroles (1945).
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le noir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.
Poem copied without permission from Jacques PRÉVERT, Paroles (1945).
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Sunday, March 11, 2012
Chanson Dans le Sang
Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage... si monotone...
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie... la neige...
la grèle... le beau temps...
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres... ses jardins... ses maisons...
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent...
Elle elle s'en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent a hurler
elle s'en fout elle tourne
elle n’arrête pas de tourner
et le sang n’arrête pas de couler...
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres... le sang des guerres...
le sang de la misère...
et le sang des hommes torturés dans les prisons...
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman...
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons...
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit
Et le sang qui arrive et qui coule à grand flôts
avec le nouveau-né... avec l'enfant-nouveau...
la mère qui crie... l'enfant pleure...
le sang coule... la terre tourne
la terre n’arrête pas de tourner
le sang n’arrête pas de couler
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués... des humiliés...
des suicidés... des fusillés... des condamnés...
et le sang de ceux qui meurent comme ça... par accident.
Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors
et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus tard tout noir
un peu de sang s’étale encore...
sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait... avec ses vaches...
avec ses vivants... avec ses morts...
la terre qui tourne avec ses arbres... ses vivants... ses maisons...
la terre qui tourne avec les mariages...
les enterrements
les coquillages...
les régiments...
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang.
Poem by Jacques Prévert, printed without permission. (Paroles, Librairie Gallimard.)
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage... si monotone...
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie... la neige...
la grèle... le beau temps...
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres... ses jardins... ses maisons...
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent...
Elle elle s'en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent a hurler
elle s'en fout elle tourne
elle n’arrête pas de tourner
et le sang n’arrête pas de couler...
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres... le sang des guerres...
le sang de la misère...
et le sang des hommes torturés dans les prisons...
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman...
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons...
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit
Et le sang qui arrive et qui coule à grand flôts
avec le nouveau-né... avec l'enfant-nouveau...
la mère qui crie... l'enfant pleure...
le sang coule... la terre tourne
la terre n’arrête pas de tourner
le sang n’arrête pas de couler
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués... des humiliés...
des suicidés... des fusillés... des condamnés...
et le sang de ceux qui meurent comme ça... par accident.
Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors
et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus tard tout noir
un peu de sang s’étale encore...
sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait... avec ses vaches...
avec ses vivants... avec ses morts...
la terre qui tourne avec ses arbres... ses vivants... ses maisons...
la terre qui tourne avec les mariages...
les enterrements
les coquillages...
les régiments...
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang.
Poem by Jacques Prévert, printed without permission. (Paroles, Librairie Gallimard.)
Tuesday, March 6, 2012
If I...
If I was to change this life I lead,
I'd be Johnny Tomato Seed.
'Cause I know what this country needs:
homegrown tomatoes in every yard you see.
-Guy Clark
I'd be Johnny Tomato Seed.
'Cause I know what this country needs:
homegrown tomatoes in every yard you see.
-Guy Clark
Friday, February 24, 2012
Lament
Someone is dead.
Even the trees know it,
those poor old dancers who come on lewdly,
all pea-green scarfs and spine pole.
I think...
I think I could have stopped it,
if I'd been as firm as a nurse
or noticed the neck of the driver
as he cheated the crosstown lights;
or later in the evening,
if I'd held my napkin over my mouth.
I think I could...
if I'd been different, or wise, or calm,
I think I could have charmed the table,
the stained dish or the hand of the dealer.
But it's done.
It's all used up.
There's no doubt about the trees
spreading their thin feet into the dry grass.
A Canada goose rides up,
spread out like a gray suede shirt,
honking his nose into the March wind.
In the entryway a cat breathes calmly
into her watery blue fur.
The supper dishes are over and the sun
unaccustomed to anything else
goes all the way down.
Poem used without permission by Anne Sexton from All My Pretty Ones.
Even the trees know it,
those poor old dancers who come on lewdly,
all pea-green scarfs and spine pole.
I think...
I think I could have stopped it,
if I'd been as firm as a nurse
or noticed the neck of the driver
as he cheated the crosstown lights;
or later in the evening,
if I'd held my napkin over my mouth.
I think I could...
if I'd been different, or wise, or calm,
I think I could have charmed the table,
the stained dish or the hand of the dealer.
But it's done.
It's all used up.
There's no doubt about the trees
spreading their thin feet into the dry grass.
A Canada goose rides up,
spread out like a gray suede shirt,
honking his nose into the March wind.
In the entryway a cat breathes calmly
into her watery blue fur.
The supper dishes are over and the sun
unaccustomed to anything else
goes all the way down.
Poem used without permission by Anne Sexton from All My Pretty Ones.
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Wednesday, February 22, 2012
El mar
Un solo ser, pero no hay sangre.
Una sola caricia, muerte o rosa.
Viene el mar y reúne nuestras vidas
y solo ataca y se reparte y canta
en noche y día y hombre y criatura.
La esencia: fuego y frío: movimiento.
Poema de Pablo Neruda.
Una sola caricia, muerte o rosa.
Viene el mar y reúne nuestras vidas
y solo ataca y se reparte y canta
en noche y día y hombre y criatura.
La esencia: fuego y frío: movimiento.
Poema de Pablo Neruda.
Thursday, February 16, 2012
WE ARE MADE OF WATER
I have carried your pain in metal buckets and
I still go for water every so often
and that water is so cold and hard
that it stings my hands, its weight makes me feel
my arms will break at the shoulders and yet
I go to that well and drink from it because
I am, as you, made of water
The poem of the day is by Marilyn Dumont from A Really Good Brown Girl.
This poem has been used without permission, but I highly highly recommend that everyone check out her work, especially the rest of this book of poems. She has a way of stirring emotions with words and her work is quite simply remarkable.
I still go for water every so often
and that water is so cold and hard
that it stings my hands, its weight makes me feel
my arms will break at the shoulders and yet
I go to that well and drink from it because
I am, as you, made of water
The poem of the day is by Marilyn Dumont from A Really Good Brown Girl.
This poem has been used without permission, but I highly highly recommend that everyone check out her work, especially the rest of this book of poems. She has a way of stirring emotions with words and her work is quite simply remarkable.
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